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Découverte et histoire du Sarracenia (part.3)

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Découverte et histoire du Sarracenia (part.3)

LE SARRACENIA DANS L HISTOIRE

Partie 3 - le 19eme siècle

Tout au long du 19eme siècle, les espèces de Sarracenia ont connu beaucoup de noms différents, en fonction de la personne qui les décrivait. Les recherches portaient beaucoup sur la présence de liquide dans les pièges, l'attraction des insectes et la fonction carnivore de la plante.

En 1804, John Sims, botaniste et physicien anglais, transmet à Linné ses observations. Il refute le fait que le Sarracenia possède de l eau dans ses pièges pour pallier aux périodes de sécheresse alors qu'il ne vit que dans des zones humides, et donc qu'il a un  accès à l'eau sans l'aide de ses "réservoirs". Il note aussi que les plantes cultivées ne possèdent que très rarement d'eau dans leurs pièges, que le chapeau ne se referme pas, et qu'il reste de nombreuses choses à apprendre sur cette plante. Malgré tout, il remarque un nombre élevé d'insectes pris au piège, qui ne peuvent s'échapper. Et pour lui, la question est de savoir à quoi peuvent bien servir ces insectes morts dans le fonctionnement de la plante, ainsi que dans celui de la Dionaea muscipula. 

Sarracenia purpurea by J. Smith 1805

 Venus flytrap (Dionaea muscipula) and yellow pitcher plant (Sarracenia flava). Thornton, Robert John. New Illustration of the Sexual System of Carolus von Linnaeus: And the Temple of Flora, or Garden of Nature. 1807. 

En 1815, James macbride écrit un courrier à Sir J.E. Smith, du Philosophical transactions of the Royal Society qu'il titre " Sur le pouvoir du sarracenia adunca à attraper les insectes". Le Sarracenia adunca est l'une des nombreuses appelations du S. minor au 19eme siécle. Dans cette lettre, J. MacBride décrit assez bien le mécanisme de capture du Sarracenia. Il y parle du nectar produit par le Sarracenia :"la cause qui attire les mouches est évidemment une douce substance visqueuse qui ressemble au miel, sécrétée par, ou se dégageant, de la surface interne du tube"..."on s'apercoit rapidement que les mouches sont attirées par eux..Ces insectes approchent immédiatement la gorge de la feuille en s'appuyant sur leurs bords et semble siroter avec avidité quelque chose sur la surface interne...au bout d'un moment, séduit comme il semblerait par le plaisir du gout, ils entrent dans le tube". Il y décrit également le role des poils qui se trouvent à l'intérieur du piège, et qui empèche l'insecte de remonter et de pouvoir s'enfuir. 

La première monographie du genre Sarracenia est réalisée en 1838 par Hardy Brian Croom que l'on retrouve dans le livre "Flora of North America" de Gray et Torrey. Une première description de six espèces de Sarracenia est faite également par H.B. Croom dix ans plus tard, en 1848, dans  "Annals of the lyceum of natural history of New-York". Il y décrit en quelques lignes la plante et l'habitat des Sarracenia purpurea, rubra, drummondii (leucophylla), psittacina, variolaris (minor), et flava. Il y indique également que l'eau présente dans les pièges de Sarracenia était uniquement due aux pluies et non a la volonté de la plante, et qu'il n'est pas rare de retrouver plus de la moitié des tubes remplis d'insectes.

 

Sarracenia variolaris by Mary Treat in 189?.

 

En 1874, la revue "Gardener's Chronicle" publie les experiences et observations du botaniste et physicien américain Joseph Hinson Mellichamp sur le Sarracenia. Il parle d'un liquide présent dans les tubes avant son ouverture, ce qui exclue que ce soit la pluie qui remplisse les piège, et il y parle également de "voies mielleuses, et de glandes néctariféres sur les bords du piège, et des propriétés chimiques complexes du liquide digestif. Pour lui, pas de doute que la "sécretion trouvée dans les tubes de sarracenia est enivrante ou anésthesique, ou narcotique".

Malgré le fait que nous savons que Darwin cultivait des Sarracenia, chez lui en Angleterre, il y a peu d'information sur cette plante dans son ouvrage "Insectivorous plants", publié en 1875. Il est étonnant mais fort probable qu'il l ai peu, voire pas, étudié. Mais Joseph Hooker, directeur du Kew garden, qui travaillait deja sur les plantes carnivores, entretenait une correspondance avec Darwin, afin de lui faire part de ses observations. Il travailla essentiellement sur la structure interne du piège de Sarracenia et du Nepenthes. 

A suivre...


2 commentaires

  • Carnilandes

    Très intéressant Matthieu. Merci. JP

  • Bernard

    Très instructif, merci pour toutes ces infos.

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